OUT RUN

Retour sur l’adaptation d’Out Run, célèbre jeu de voiture de Sega sur la Master System. Là où tout a commencé pour moi… Voici le jeu qui m’a fait acheter une Master System. Sans doute le plus qualitatif et représentatif de la vague Sega qui déferla à l’époque dans le monde de l’arcade, sous la houlette de Yu Suzuki. 

Un mythe

Je me rappelle ces soirées passées dans un bar, alors que je n’avais que 7ans (je ne buvais que de la grenadine je vous rassure), à faire la queue avec mon cousin pour pouvoir mettre 5 ou 10 francs (respectivement 1 ou 3 crédits) dans la borne de Out Run. Celle-ci n’avait pas de siège baquet mais le levier de vitesse et le volant suffisait amplement à l’immersion. Le côté frustrant c’était qu’on ne dépassait jamais le troisième niveau, quel que soit l’itinéraire choisi. Un peu désespérant quand on fait le total de l’argent investi et que les parents commencent à voir d’un mauvais oeil ce racket perpétuel (« T’as une pièce de 10 frs s’il te plait Maman ? »). Et puis un jour, je vis le jeu dans un catalogue. Pour 300 francs, je pouvais y jouer chez moi à l’infini à condition d’investir dans la machine pouvant faire du rêve la réalité, j’ai nommé : la Master System. Il n’en fallait pas plus pour que celle-ci figure sur ma liste de Noël et merci Papa Santa Claus, mon souhait fut exaucé.

Malgré plusieurs suites et maintes rééditions, Out Run premier du nom n’aura jamais été aussi bien servi que par cette version Master System sortie à l’époque où le jeu cartonnait en arcade. Si la réalisation ne pouvait rivaliser avec cette dernière, la cartouche lui restait suffisamment fidèle pour permettre au joueur d’économiser quelques crédits (et donc francs) sans trop perdre en sensation. Si les décors ont été grandement allégés et qu’on ne croise plus aucun camion, les niveaux sont tous présents et les musiques s’efforcent de reprendre au mieux des thèmes aujourd’hui mythiques. Le détail qui faisait l’originalité du gameplay est bien sûr présent, à savoir que votre itinéraire est parsemé de bifurcations vous laissant le choix entre 2 niveaux différents, le côté gauche étant censé être toujours plus facile que le côté droit. Le chrono défilait contre nous et les accidents n’arrêtaient pas la course mais compromettaient grandement nos chances de franchir le checkpoint en temps et en heure. A mi chemin entre l’auto et le manuel, la boite à vitesse avait un rapport lent (nécessaire au démarrage) sur le haut de la croix directionnelle et rapide sur la partie basse. Rapide, jouable, coloré…Que de souvenirs !

Réalisation : pour l’époque, les fans d’arcade qui souhaitaient l’avoir à la maison n’étaient pas dépaysés. Coloré et doté d’un bon effet de vitesse, Out Run reste l’un des plus beaux jeux de course sur console 8 bits. Et il fait pourtant partie des softs premières générations de la machine…
Immersion :
comme dans la version originale, on pouvait choisir parmi trois musiques différentes avant le départ grâce à une interface type autoradio. Les mélodies, bien restituées en « Midi », trottaient dans la tête pendant des mois (voire plus). Les bruitages sont dans le ton.
Progression : si franchir 5 « checkpoints » était suffisant pour gagner la partie, Out Run demandait un minimum de dextérité pour parcourir avec succès tous les tracés. Avec des embranchements à chaque étape proposant des niveaux de difficulté variés et menant à 5 fins différentes, on y revenait avec plaisir. 
Maniabilité : Un bouton pour le frein, un autre pour accélérer et une boite à vitesse réduite à deux rapports (lent et rapide), la prise en main offre un mix confortable de l’automatique et du manuel. Le tout est bien étudié au comportement de la voiture pour une conduite très arcade bien sûr.
Ressenti : La Ferrari rouge décapotable, la blonde en passagère et les musiques entraînantes donnaient l’impression d’y être. Cette ambiance particulière alliée à un gameplay simple et efficace permettait à Out Run de nous amuser pendant des mois sans jamais lasser.

86%

The Good

  • Un titre de légende déjà dans nos salons à l'époque
  • Fidèle à l'arcade, une prouesse
  • Le choix des 3 musiques (toutes cultes)
  • Plaisant
  • Facile d'accès

The Bad

  • Pas de jeu à deux
  • Plus de camions sur la route comme dans l'arcade
77 % - REALISATION
90 % - IMMERSION
79 % - PROGRESSION
94 % - MANIABILITE
90 % - DIVERTISSANT

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